Les crus du Beaujolais

Brouilly

C'est le plus étendu des crus du beaujolais et contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'existe pas de village Brouilly. Ce vignoble, qui ceinture le mont Brouilly, est implanté sur 6 communes dont celle de Quincié-en-Beaujolais. Situé sur un sol maigre et peu fertile, constitué d'arènes granitiques, résultat de l'érosion de la colline de Brouilly, il donne un vin fruité et ample. Séducteur et agréable, le Brouilly est le vin de « bistrot ». En témoigne son succès sur les comptoirs parisiens : 20 % de la production totale du cru est vendue dans le réseau des café hôtels et restaurants parisiens !

Côte de Brouilly

Le plus central des crus du Beaujolais, implanté sur les pentes de la colline du même nom, au cœur du vignoble, couvre une surface de 300 ha, sur des granits andésites d'origine volcanique, nommés « pierres bleues ». D'une typicité exceptionnelle, ce cru est celui qui extériorise le mieux la minéralité de son terroir. Par son exposition, cette appellation est la seule à profiter des 4 points cardinaux. Au sommet du Mont Brouilly, on découvre la chapelle de Brouilly, édifiée en 1857 afin de protéger le vignoble des méfaits de l'oïdium, et un magnifique panorama qui permet d'admirer le Beaujolais, le Mâconnais, la Dombes et parfois même le Mont-Blanc… Le Côte de Brouilly traduit dans les verres la puissance de son sol, à la robe pourpre, ce vin racé laisse apprécier les arômes subtils de l'iris et exprime en bouche toute la fraîcheur du raisin frais.

Chénas

Située sur deux communes, Chénas dans le Rhône et la Chapelle de Guinchay en Saône-et-Loire, l'aire d'appellation Chénas cerne au plus près la partie septentrionale du Moulin-à-Vent, tutoie le Juliénas et le Saint-Amour. C'est le plus petit des crus du Beaujolais. Le Chénas doit son nom à une forêt de chênes qui couvrait jadis ses collines et qui furent arrachés pour être remplacés par de la vigne. On dit que Louis XIII plébiscitait le vin de Chénas, et même que c'était le seul vin qu'il acceptait à sa table ! D'une robe rubis teintée de grenat, le Chénas nous délivre des arômes floraux de pivoine et de rose, des notes épicées. Il acquiert de la finesse et du parfum en vieillissant...

Chiroubles

Planté sur un relief accentué, le Chiroubles escalade un site en forme de cirque qui culmine à plus de 400 mètres d'altitude, ce qui fait de lui le cru le plus élevé du Beaujolais. Son sol, constitué de sables granitiques légers et maigres, donne un vin élégant, fin, peu chargé en tanin, qui évoque des notes minérales et florales comme la pivoine ou la violette. Considéré comme le plus féminin des crus, il accompagne à merveille les entrées de charcuterie, ainsi que les volailles de Bresse.

Fleurie

Adossé à la chaîne des crêtes (Fût d'Avenas, col de Durbize, col des Labourons, Pic Reymont) orienté sud-est, nord-ouest, le vignoble du Fleurie est cultivé entre 220 et 430 m d'altitude. Après avoir dévalé les pentes abruptes de quelques points culminants, il s'étale en pente douce vers l'est et le sud en direction de la plaine de la Saône. Le sol est constitué de façon très homogène., Les arènes granitiques à grands cristaux communiquent au vin une impression de finesse et de charme. C'est le plus féminin des crus du Beaujolais. On l'appelle la « Reine du Beaujolais ». Sa robe est carminée avec des arômes floraux (iris, rose, violette) : c'est l'élégance. Posée au sommet d'un mamelon, une chapelle semble veiller sur le vignoble : c'est la Madone de Fleurie qui marque l'emplacement du 3e cru du Beaujolais avec ses 860 ha.

Juliénas

Le terroir du Juliénas est constitué à l'ouest de terrains granitiques maigres et arides, infiltrés de veines de manganèse et de porphyres, qui, vers l'est, cèdent le pas à des terrains sédimentaires avec des alluvions anciennes. Abrité des vents du nord et de l'est, le site de l'appellation permet une maturation moyennement précoce des raisins par rapport à l'ensemble du Beaujolais. On affirme que la vocation vinicole du Juliénas remonte à plus de deux mille ans et que, c'est pour le Beaujolais, le point de départ de la culture de la vigne. Juliénas devrait son nom à Jules César lui-même. Aujourd'hui, c'est le plus parisien des crus du beaujolais. Parfumé comme un printemps, il révèle vite un agréable bouquet de pêche, de fruits rouges associés à des arômes floraux. Sa robe est rubis violacée. Ce vin nerveux s'apprécie aussi bien jeune qu'après quelques années de bouteilles où il supporte magnifiquement la marque du temps.

Morgon

Le Morgon est, avec le Brouilly, un des crus les plus étendus du Beaujolais avec ses 1 140 ha, localisés majoritairement sur la commune de Villié-Morgon. Ses caractéristiques proviennent de son implantation sur un sol de schistes granitiques décomposés, imprégnés d'oxyde de fer et de manganèse, qui confèrent au vin des qualités toutes particulières. Le Morgon est un vin robuste, charnu, puissant qui offre une robe rouge grenat profond où se retrouvent des arômes de fruits mûrs à noyaux comme la cerise ou la prune... Ce cru mérite de prendre un peu d'âge pour être à son apogée.

Moulin-à-Vent

Le seigneur des crus du Beaujolais campe ses 655 ha sur les communes de Chénas dans le Rhône et Romanèches-Thorins en Saône-et-Loire. L'appellation est symbolisée par le vénérable moulin à vent qui a retrouvé ses ailes en 1999. Ses sols, constitués d'arènes granitiques roses et friables appelées gore ou grès, infiltrés de filons de manganèse, apportent aux vins une couleur intense. La robe du Moulin-à-Vent évolue entre un grenat sombre et un rubis profond. Dégusté jeune, il développe des senteurs de type floral et fruité, à dominante de violette soutenue par une flaveur de cerise, mais c'est avec les années qu'il élargit sa palette odorante.Au bout de quelques années, il se déclinera d'abord en des arômes d'iris, de roses fanées, d'épices et de fruits mûrs, et plus tard on percevra des odeurs de truffe, musc, venaison et même d'ambre gris.

Régnié

Au cœur des grandes appellations beaujolaises, le vignoble de Régnié s'étend sur 620 hectares d'un sol de granit rose, donnant des terrains légers peu profonds, riches en éléments minéraux. Sa robe brillante, rouge cerise à rouge rubis est très caractéristique des vins du Beaujolais. Le Régnié se remarque par sa puissance aromatique et des senteurs de petits fruits rouges, typiques du gamay. Avec des tanins fondus, le Régnié est un vin pulpeux qui laisse ses parfums s'exprimer avec générosité. Ce cru se boit plutôt jeune et développe toutes ses qualités aromatiques entre 3 et 5 ans.

Saint Amour

Le Saint-Amour partage avec le Juliénas, qu'il côtoie tout au long de sa limite au sud, le privilège d'être le cru le plus septentrional du Beaujolais. Il est entièrement situé en Saône-et-Loire. Il est avec le Chénas, le cru du Beaujolais dont la superficie est la plus exiguë (310 ha). Constituée essentiellement d'arène granitique et de schiste, l'aire de l'appellation, décalcifiée, est formée de sols argilo-silicieux, les argiles enrobant des éléments rocheux, caillouteux, issus de granites et de grès triasiques. L'appellation a conquis de nombreux consommateurs étrangers pour les mariages, évènements amoureux (Saint-Valentin). Au village, une statuette rappelle la conversion du soldat romain qui donna son nom à la commune. On parle aussi d'une maison du hameau des Thévenins, qui auraient témoigné de la joyeuse vie menée pendant la Révolution dans cet « hôtel des vierges » et qui expliqueraient, elles aussi, le nom de ce village. Dans sa belle robe rubis étincelant, le Saint-Amour est charnu, tendre et fruité, très typé et complexe. Il a beaucoup d'élégance, et développe des arômes fins et délicats de fruits rouges, pivoine et parfois pêche-abricot, à boire dans les 12 à 15 mois qui suivent la récolte.



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